Haïti pour les Haïtiens

Projet Prioritaire Haïtien se fait le promoteur d'un Haïti souverain. En droit, la Souveraineté se définit, comme la détention de l'autorité suprême, c'est-à-dire d'un pouvoir absolu et inconditionné. Dans les régimes despotiques, la Souveraineté est le plus souvent détenue par un seul homme. En Haïti, nous avons une démocratie, elle est détenue par le peuple, constitué en un corps politique, la nation. Chez nous, il y a longtemps qu'on parle de Souveraineté Nationale qui, on peut dire constitue l'ensemble de trois pouvoirs travaillant de concert pour assurer les intérêts de la nation, donc, protéger les intérêts du peuple. Il est vrai que le monde est actuellement régit par le concept de mondialisation inventé pour décrire à la fois l'internationalisation des échanges économiques et l'extension planétaire des systèmes de communication. Ce qui signifie qu'on se dirige indiscutablement vers une gouvernance mondiale. Selon les théoriciens de la mondialisation, l'état nation est dépassé, la souveraineté est désuète. Les organismes non gouvernementaux et les firmes multinationales sont, nous les savons bien, les nouveaux régulateurs du marché mondial.


La mondialisation a certainement favorisé les regroupements économiques, facilité les échanges et amélioré la productivité mondiale. En mettant en commun leurs ressources les pays réussirent à uniformiser leurs politiques économiques au profit de leur nation respective. Ils ont décidé de restreindre l'exercice de leur souveraineté sur l'activité économique ce qui ne signifie nullement qu'ils ont renoncé à leur souveraineté.


Aucune nation ne renonce volontairement à sa souveraineté, car la souveraineté est la condition essentielle de l'exercice de la démocratie. L'individu ne peut accepter de se soumettre à une décision que s'il a été impliqué d'une façon ou d'une autre à son élaboration. Il doit donc être capable de se reconnaître lui-même dans les institutions responsables. C'est dans le cadre de la souveraineté nationale que l'exercice des droits démocratiques peut se réaliser.


Le droit d'ingérence est né au sein des Nations Unis, alors que la notion de souveraineté est au cœur même de son système. Son but n'est-il pas de protéger les États des interventions extérieures et sauvegarder la paix? Dans les années 60, les défenseurs des droits de l'homme estimaient que l'interdiction de toute ingérence ne les concernait pas puisqu'elle ne s'appliquait qu'aux relations d'Etat à État. Puis, ils choisirent de légitimer leur ingérence au nom des droits humains en se portant au secours des victimes de crimes ou de catastrophes. En 1988, l'ONU adopta la résolution 43/131 autorisant les organisations intergouvernementales et non gouvernementales à porter assistance aux victimes des catastrophes naturelles et des situations d'urgence, lui permettant ainsi de s'ingérer légalement dans les affaires des autres nations. Depuis, les pays dominants comme les États-unis, la France, le Canada, utilisent ce droit d'ingérence à leur profit, emmenant ainsi à la ruine politique, économique et sociale des pays déjà en crise.


La souveraineté nationale appartient au peuple, il est interdit aux gouvernants de l'aliéner, en la transférant à des autorités étrangères, des organisations internationales ou des ONG. Nous admettons avoir besoin de l'assistance de l'Organisation des Nations Unis. Notre but principal n'est pas d'expulser la MINUSTAH d'Haïti mais plutôt d'utiliser son aide à bon escient. Il est évident que les conditions socio-économiques n'ont fait que s'aggraver depuis l'arrivée de la MINUSTAH et que la formule utilisée par celle-ci pour résoudre le problème haïtien n'y convient absolument pas. Projet Prioritaire Haïtien demande simplement que le groupe des cinq continue à donner son soutien à Haïti tout en respectant son droit à la souveraineté, qu'il prenne en considération les priorités du peuple haïtien et que des remèdes efficaces et appropriés soient administrés aux maux d'Haïti pour mettre fin au chaos national et donner une chance à notre courageuse nation de vivre libre et indépendante. Dans le cas contraire nous optons pour un gouvernement capable de créer son propre agenda. Un gouvernement financé par les fils du pays et ce, pour le bien de la nation haïtienne.